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dimanche 29 janvier 2012

Investissements à la BRVM: mes prévisions boursières pour 2012

Il est de coutume pour les analystes d’élaborer des prévisions et anticipations pour l’année à venir afin de permettre aux investisseurs de prendre toutes les dispositions utiles pour réaliser de belles plus-values à la bourse. Elles peuvent ne pas forcement se réaliser en cours de route, mais toujours est-il qu’une bonne connaissance du marché peut permettre à tout observateur aguerris de devancer les mouvements qui adviendront et les réactions des autres acteurs du marché.
Les performances réalisées en années n-1, l’environnement économique actuel et les différentes décisions stratégiques prises par les équipes dirigeants des entreprises cotées, constituent autant d’éléments qui facilitent l’exercice des prévisions boursières. Le très faible taux de culture boursière en Côte d’Ivoire emmène les Ivoiriens à ne pas être encore habitués à ce genre d’exercice intellectuel. Mais le nouvel élan affiché par la presse économique en Côte d’Ivoire devrait favoriser la correction de cette faiblesse et un développement progressif de cette discipline si bien vulgarisée ailleurs.

Les investisseurs sont optimistes pour 2012


Ce qu’il faut dans un premier temps savoir, c’est qu’un vent d’optimisme souffle sur cette année 2012. Le premier semestre 2011 a été une période de forte tension politique économique et sociale pour la Côte d’Ivoire. Le second semestre 2011 s’est présenté comme une période de stabilisation de l’économie ivoirienne, avec la mise en place du nouveau gouvernement et la reprise de la coopération avec les institutions financières internationales. Ces dernières ne tarissent pas d’éloges en faveur de notre pays, et leurs analystes n’hésitent pas à dresser de belles perspectives économiques à l’égard du pays d’Houphouët Boigny pour cette nouvelle année.
Le FMI et la Banque Mondiale prévoient pour 2012, un taux de croissance d’environ 8% pour la Côte d’Ivoire. La BCEAO observe plus de prudence mais anticipe également un taux de croissance moyen de 6% pour l’économie ivoirienne en cette année. Comme pour dire qu’un consensus est en train de s’établir sur le fait que l’année 2012 sera une année de rebond économique pour la Côte d’ Ivoire.
Si tel est vraiment le cas, il va s’en dire que cette croissance positive aura un impact certains sur les entreprises opérant sur toute l’étendue du territoire ivoirien. En finance de marché, il existe une vérité qui commence à devenir un véritable postulat depuis bel lurette. Tous les analystes sont d’accord sur le fait que lorsque l’économie d’un pays se porte, il est fort probable que le marché boursier de ce pays se porte également bien. De la même manière, lorsque l’économie d’un pays va mal, cela rejaillit négativement sur les performances des sociétés de ce pays qui sont cotées en bourse.
Partant de ce constat, l’on peut déjà être sûr que si la Côte d’Ivoire réalise effectivement un rebond économique en 2012, son impact sera vérifiable immédiatement sur le marché de la BRVM. Les sociétés ivoiriennes constituent la majorité des entreprises qui y sont cotées. Si elles réalisent de bons résultats en 2012, nous ne doutons point que cela ne propulse à la hausse également les indices de la BRVM.
Tout ceci pour dire qu’en cette année 2012, il est fort probable que le marché boursier sous régional réalise des performances meilleures à celles de l’année dernière.

Les secteurs d’activités qui vont bouger


Nous pouvons d’ores et déjà vous recommander de suivre avec une attention toute particulière le secteur agricole de la BRVM. Cela fait maintenant deux années consécutives que l’Indices BRVM Agriculture occupe la première place au classement des indices sectoriels les plus performants. Au terme de l’année 2012, cet indice affichait un taux de croissance de 103.24%. A la fin de l’année 2011, il s’en est tiré avec une progression de 44.70%. Une réaction toute évidente est à prévoir de la part des investisseurs actifs en bourse. Nombreux seront ceux parmi eux qui voudront poursuivre leurs prises de positions dans ce secteur. Les valeurs telles que SOGB et la SAPH ont déjà démontré en 2011 leur forte volatilité sur le marché. Mais en plus de cela, dans leurs états financiers semestriels publiés l’année dernière, ces deux entreprises ont anticipé de très bons résultats pour la fin de l’exercice 2011.

Il y a donc lieu d’être aux aguets des états financiers annuels qui seront publiés très bientôt. La moindre confirmation de bons résultats provoquera encore de notre point de vue une envolée des cours de ces deux sociétés.
C’est vrai que le secteur bancaire a été fortement laminé l’année dernière, mais la reprise de l’activité des banquiers en Côte d’Ivoire et le retour de la haute concurrence sur ce segment, nous donne de croire qu’il aura le vent en poupe en 2012. L’Association Professionnelle des Banques et établissement Financiers de Côte d’Ivoire (APBEFCI) a déjà confirmer à plusieurs reprises que les banques prendront activement part au processus de relance économique de la Côte d’Ivoire.
Concernant les entreprises publiques, nous nous sommes un peu retissant pour la valeur SONATEL qui commence à afficher une certaine lourdeur. L’équipe managériale a du mal à être remplacée alors qu’un dynamisme s’impose à ce niveau pour lui permettre d’amorcer le décollage que tout le monde attend d’elle. Des craintes également commencent à éclore sur la stabilité politique au Sénégal, avec les prochaines élections présidentielles qui doivent se tenir en cette année. La tension sociale monte petit à petit, les candidatures au poste de président de la république se multiplient, la candidature du président sortant Abdoulaye Wad est fortement contestée. Nous espérons que le Sénégal ne sombrera pas dans une crise postélectorale à l’égard de la Côte d’Ivoire en 2010, mais toujours est-il que ce scénario est pris en compte par de nombreux investisseurs en bourse. D’où leur réticence vis-à-vis de la valeur SONATEL en attendant que le paysage politique sénégalais soit moins inquiétant. Par contre, les valeurs SODECI et CIE pourraient encore progressé de fort belle manière en 2012, à cause du recouvrement progressif des factures qui étaient depuis longtemps impayées dans les zones Centre Nord et Ouest (CNO) de la Côte d’Ivoire.
Au niveau industriel, la SICABLE, grâce à la reprise de nombreux grands chantiers sur le territoire ivoirien pourrait voir ses chiffres d’affaires porté à la hausse. Cette entreprise opérant dans le domaine de la production de produits ferreux sera surement sollicité pour la livraison de plusieurs matériaux de construction. Une évolution positive du secteur de l’immobilier en Côte d’Ivoire peu des répercussions positives sur les performances financières de la SICABLE si son équipe commerciale s’y prend bien. Il en est de même pour la valeur SETAO, de l’indice Autres secteurs, qui gagnerait à redoubler d’ardeur pour ne pas être mise en marge dans la réalisation des différents grands projets de construction initiés par le gouvernement ivoirien. Leur participation permanente à ces travaux rassurera les teneurs de ce titre et entrainera bien évidemment sa hausse sur le marché.


Ce que tous les investisseurs doivent faire pour s’enrichir

La recommandation principale que nous ferons à l’endroit de tous les investisseurs qui voudront profiter du marché boursier en 2012, c’est de vraiment prêter attention à tous les états financiers qui seront publiés par les sociétés cotées à partir du mois de Février comme à l’accoutumé. Ceux-ci seront très détenant dans les différentes prises de décisions. La montant du dividende à distribuer, le Résultat Net, le Chiffres d’affaires, les ratios de solvabilité et de rentabilité, les dernières nominations, etc sont des données à ne point négliger. Ce sont elles qui donnent une orientation à la trajectoire que le cours boursier prendra au cours de la nouvelle année.
Le deuxième élément important, c’est qu’une entreprise qui a réalisé une performance en année n-1 peut se retrouver sur le haut du podium des meilleures valeurs boursières en année n+1. C’est pourquoi il est très maladroit d’enterrer tout de suite un titre boursier à cause de sa baisse de performance qu’on a pu observer l’année dernière.

Le seul reflexe qui doit prévaloir est une bonne lecture du marché. Qu’est-ce que la presse économique rapporte comme informations sur cette société ? Que peut-on tirer comme informations stratégiques après analyse de ses états financiers ? Comment se comporte le marché des produits que cette société commercialise ? Voici l’échantillonnage de questionnaires à mettre en place par les investisseurs.
L’année boursière 2012 s’annonce sous de bons auspices. Ce ne sont que des prévisions. Le déroulement des transactions quotidiennes nous permettra de vérifier si le marché a accepté de suivre la tendance à laquelle nous nous attendions.

LOH DAMAS

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vendredi 30 septembre 2011

Diagnostic financier de la cotation en bourse de Pétro Ivoire



Le Mercredi 07 Septembre 2011, au cours d’un petit déjeuner qui a vu la participation d’une pléthore d’hommes d’affaires, de financiers et autres chefs d’entreprises, l’entreprise Pétro Ivoire a procédé à l’information officielle de son entrée en bourse. Voulant désormais opérer sur la place boursière française NYSE Euronext, l’équipe managériale de cette entreprise à capitaux privés n’a pas lésiné sur les moyens pour convaincre son auditoire de la nécessité pour elle d’initier cette opération financière.
Au-delà de toutes les assurances qui ont pu être données aux participants à cette prestigieuse cérémonie, il nous parait opportun d’adopter une posture d’analyste, afin de mieux passer au peigne fin, tous les contours dont pourrait regorger cette initiative financière menée par Pétro Ivoire. Entrons donc au cœur de cette cotation financière, et essayons de mieux comprendre et percevoir ce que certains financiers y diagnostiquent déjà.


Pétro Ivoire, une entreprise aux larges ambitions !


Dans un premier temps, il convient de prendre connaissance avec cette entreprise. Il faut savoir que cette société a été créée en 1994, sous l’impulsion de Monsieur Kadio-Morokro et se positionne aujourd’hui comme la première entreprise privée ivoirienne de distribution de produits pétroliers. A l’issue de l’assemblée générale constitutive tenue en Février 1994, Petro Ivoire SA, dont le siège social est situé sur le boulevard Valery Giscard d’Estain est mise sur pied avec un capital de 104 millions de FCFA et voit sortir de terre sa première station service à Treichville. Pétro Ivoire a complété en 2005 son activité par le développement d’un important projet de distribution de gaz butane. En 2007, la société s’est dotée d’une usine de remplissage de gaz, d’une capacité de production de 90 Tonnes/jour et une capacité de stockage de 225 Tonnes. Dans cette dynamique de croissance et de conquête de marchés, cette société s’est alliée à la société GEOGAS pour la construction d’une sphère de stockage de GPL d’une capacité initiale de 1500 Tonnes.
Par le biais de cette introduction sur le marché boursier international, Pétro Ivoire prévoit utiliser les fonds qui seront mobilisés, pour démarrer la construction d’une seconde sphère de gaz, après celle de Vridi, qui est directement reliée au quai pétrolier par une pipe pour la réception du gaz. Le nouvel investissement qui nécessitera plusieurs milliards de FCFA et permettra des approvisionnements plus fluides en gaz butane au niveau de la population. Pétro Ivoire occupe déjà 14% de ce marché après seulement 4 ans de pénétration.
Concernant le segment du réseau routier, cette entreprise compte poursuivre son programme de construction de 5 stations services supplémentaires dès l’année 2012, ce qui portera l’effectif à 33. Elle détient donc 15% aussi à ce niveau, plus précisément sur le marché terre.
Au niveau des perspectives, cette société pétrolière prévoit à moyen terme, intégrer les marchés sous régional, qui s’annonce de plus en plus dynamique. Elle est aujourd’hui dirigée par Sébastion Kadio Morokro, le fils du fondateur. Son actuel capital est 1.230 milliards de FCFA.


Les caractéristiques techniques de la cotation boursière


Cette opération financière sur le marché NYSE Euronext, a été goupillée par le cabinet Maréchal et Associés Finance. NYSE Euronext est un groupe mondial de places boursières, une plate forme de trading d’actions et d’autres produits financiers. Il est né de la fusion entre le New York Stock Exchange et le groupe Euronext. Avec un total de 8000 valeurs cotées, les échanges sur les marchés au comptant de cette place boursière représentent près de 40% des volumes mondiaux.
Pour revenir à la fiche technique de cette entrée en bourse, l’on retiendra pour l’essentiel qu’il s’agit d’une émission d'Obligations à Bons de Souscription et/ou d’Acquisition d'Actions Remboursables (OBSAR), pour un montant nominal de 5.000.000 euros (environ 3,2 milliards de FCFA), représenté par l’émission de 20.000 Obligations. Le nombre d'Obligations émises est susceptible d'être augmenté par la société d'au maximum 15 % (clause d'extension des OBSAR) pour le porter à 23.000 Obligations représentant un nominal total maximum de 5.750.000 euros.
La date de jouissance est celle du 30 octobre 2011. La valeur nominale unitaire se chiffre à 250 €, soit autour de 163 000 FCFA. Le prix d'émission : le pair, est payable en une seule fois à la date de règlement. Au niveau des taux t’intérêt : il sera appliqué un pourcentage de 5,50 % par an, annuellement à terme échu le 30 octobre de chaque année et pour la première fois le 30 octobre 2012. Le taux de rendement actuariel brut à l'échéance est de 8,286 %. La Maturité des obligations est fixée à 8 ans. Cette levée de fond est par ailleurs greffée à un système d’Amortissement normal in fine le 30 octobre 2019 par remboursement au pair majoré d’une prime de remboursement de 25% et de l’intérêt couru, soit 326,25 € (214 000 FCFA) par Obligation.
Selon Samuel Maréchal, dont le cabinet d’expertise en Finance a facilité la mise sur pied de cet emprunt obligataire, cette introduction se fera par processus de cotation directe. Quelques actions de Pétro Ivoire seront inscrites à la bourse de Paris et seront validées par le NYSE Euronext en tant que régulateur, ce qui permet donc d’avoir une valeur de l’entreprise. A côte de cette opération, 20 000 bons sont crées, par l’ouverture d’un emprunt obligataire, qui pourront être achetés par tous les investisseurs du monde entier dans la période allant du 21 au 31 Octobre 2011. Ces 20 000 obligations seront donc cotées, en plus de l’évolution du cours des actions de Pétro Ivoire. On obtient donc ainsi une double garantie : l’activité de développement de l’entreprise et en cas de problème des remboursements, ces bons pourront être vendus à d’autres fonds.


Les forces et opportunités de ce montage financier


Passée sous le feu d’un décryptage minutieux, cette opération financière pourrait laisser apparaitre des forces, des opportunités, des faiblesses et des menaces. Parlant des forces et opportunités, on dira que cette cotation en bourse pourrait être un puissant moyen de mobilisation d’importants financements pour Pétro Ivoire. La crédibilité incontestable de la place boursière NYSE Euronext rejaillira fortement sur celle de l’opération financière en elle-même.
Elle constitue donc une belle vitrine pour Pétro Ivoire qui se présente désormais comme la seconde entreprise ivoirienne, voir même subsaharienne à avoir affronté le marché boursier international après l’expérience de la SIMAT de Stéphane Eholié. Au niveau des caractéristiques techniques, le taux de rémunération, représenté par le taux actuariel de 8.28%, semble plus rentable que le pourcentage moyen de 6.25% généralement appliqué aux emprunts obligataire émis dans la zone de l’espace UEMOA.
La forte capacité financière des investisseurs opérant sur le NYSE Euronext constitue une belle opportunité pour les perspectives de développement de Pétro Ivoire. L’expérience du cabinet Maréchal et Associés dans le pilotage de ce genre d’opérations, et sa représentation sur Paris, devrait faciliter la conquête des investisseurs ne maitrisant pas le marché africain. La bonne maitrise du marché ivoirien par l’équipe de Sébastien Kadio Morokro et la bonne santé financière de cette société devrait garantir la rentabilité de l’investissement qui sera réalisé à la suite de cette levée de fonds.


Les faiblesses et les menaces de cette opération


L’entreprise étant cotée sur le marché international, les Ivoiriens résidant en Côte d’Ivoire et la faible culture boursière de notre population risque de favoriser son indifférence totale vis-à-vis de cette opportunité d’épargne. La valeur nominale de l’obligation, qui est estimée à 250 Euros, soit près de 163 000 FCFA, pourrait être jugée trop chère par les investisseurs habitués aux obligations de l’espace UEMOA qui tutoient généralement la valeur de 10 000 FCFA.
Le délai de 10 jours, prévu pour les souscriptions peut s’avérer trop court, vu que la moyenne temporaire des emprunts obligataires de la sous région avoisine très souvent la période d’un mois.
Au niveau des garantis, l’on remarque que la fiche technique de cette cotation ne met pas en exergue les éventuels partenaires financiers de Pétro Ivoire, qui se porteront garants en cas de défaillance dans le remboursement. Ce qui n’est pas le cas pour les emprunts obligataires classiques de l’UEMOA, où les banques et autres partenaires financiers sont constamment cités pour rassurer les souscripteurs. La grande morosité observée sur le marché boursier français depuis le mois d’Août, et les folles rumeurs provoquant en permanence une perturbation des valeurs cotées, pourraient emmener les premiers souscripteurs de cette opération, à liquider leurs obligations dans le souci d’une préférence pour la liquidité. Un tel scénario occasionnerait la chute immédiate de la cotation du titre Pétro Ivoire sur le marché des obligations, ce qui ne serait pas à son avantage.
Néanmoins l’initiative est à saluer, et nous gardons espoir que le marché boursier international réservera un bon accueil à cet emprunt obligataire.


LOH DAMAS

"La Tribune de l'Economie N°67"

Cel: +225 02 73 40 37

jeudi 19 mai 2011

L’OR atteint des records, les Ivoiriens s’endorment dans la politique !

S’il ya une matière première qui étonne toute la sphère financière par une envolée constante depuis un bon moment, c’est sans doute l’Or. A la date du 02 Mai 2011, le cours de l’once d’or a atteint le cap de 1576,48 Dollars USD, soit un nouveau record en cette année de cotation. Le métal jaune retient de plus en plus l’attention de tous les investisseurs du monde entier. De puissants hommes d’affaires comme Warren Buffet, Georges Soros et même Bill Gates, ont pris des positions d’investissement sur les matières premières et s’enrichissent dans le silence le plus total.
Alors qu’habituellement le marché observe de la réticence, lorsque plusieurs analystes financiers établissent un consensus autour d’un diagnostic, l’ascension fulgurante de l’or vient désormais démentir cet axiome des milieux financiers. La quasi-totalité des spécialistes de cette matière première sont unanimes sur le fait que cette montée extraordinaire du cours de l’or n’est pas prête de s’arrêter tout de suite. Ils ne se gênent pas en allant même jusqu’à sensibiliser d’avantage leurs auditoires, afin que ceux-ci renforcent leur position sur l’or. Après avoir cassé la résistance des 1500 Dollar USD, l’once d’or se dirige désormais vers les 1700 Dollars USD, probablement avant la fin de l’année 2011. D’autres prévisionnistes parlent avec assurance d’une cotation de 2000 Dollar l’once d’ici fin 2012.


Qu’est ce qui fait monter l’or réellement ?


L’une des premières questions qui saute tout de suite à l’esprit c’est de savoir qu’est ce qui pourrait bien alimenter cette folie subite des investisseurs vis-à-vis de l’or ? La raison est toute simple, la loi de l’offre et de la demande est encore vérifiable sur ce marché des matières premières. L’or à l’image de la plupart des matières premières est coté en Dollar USD. Cette monnaie américaine subit une forte dévalorisation actuellement par rapport aux autres devises. La politique de la planche à billet menée par la Banque centrale des USA, consistant en une injection massive de liquidité dans le système monétaire américain, continue de provoquer la chute du billet vert. L’inflation se fait de plus en plus sentir au niveau international. D’où la nécessité pour les investisseurs de se couvrir avec des actifs financiers tangibles pour y faire face et pour ne pas diminuer la valeur de leur revenus.
Tout cet environnement les motive à se tourner vers l’or, afin de pourvoir l’acquérir et le revendre au moment opportun. La demande mondiale formulée pour l’acquisition de l’or est donc sans cesse grandissante, et tout le monde veux préserver des lingots dans son coffre fort pour dompter l’éventuelle récession économique qui se dessine. Ce goût excessif pour l’or a fini par gagner l’ensemble des grands acteurs de la finance internationale.


Les Etats Unis viennent en tête avec 8133 tonnes d’or à leur actif. L’Allemagne posséderait 3412 tonnes. La France s’en tire avec 2487 tonnes, l’Italie entretien bien ses 2451 tonnes, la Chine parle officiellement de 1054 tonnes de réserves d’or, alors que plusieurs analystes en décomptent un peu plus. La Suisse affiche 1040 tonnes d’or, le Japon mentionne 765 tonnes, les Pays-Bas brandissent 612 tonnes et la Banque Centrale Européenne (BCE) évoque une quantité de réserve de 536 tonnes d’or.
Cette bulle va-t-elle exploser très bientôt ?
Une bulle est une surévaluation boursière d’un actif financier, qui ne manque pas de se dégonfler au moment où tous les investisseurs se rendent compte de la surestimation et décident massivement de passer des ordres de vente pour s’en débarrasser. Est-ce le cas pour l’or ? Il est difficile de répondre par l’affirmative, car de nombreux indices répertoriés dans l’actualité économique internationale nous encourage à recommander nos lecteurs à continuer d’investir dans l’or. Nous prendrons pour la circonstance seulement 3 pays importants, qui nous donnent de percevoir que la tendance haussière contenue dans l’évolution de cours de l’or n’est pas prête pour s’arrêter de si tôt.
Le premier pays qui nous sert d’indice est la Chine, les consommateurs chinois ont, ces deux dernières années, acheté plus d'or que n'en possède la Banque de Pékin. Pour l'empire du Milieu, la demande en or a augmenté, d'année en année, de 14% depuis 2005. L'inflation des prix à la consommation étant en Chine à son niveau le plus élevé depuis plus de 28 mois, l'érosion du pouvoir d'achat s'accentue pour les épargnants du pays. En Chine comme ailleurs, la faible rémunération de l'épargne doublée d'une recrudescence de l'inflation au sens large, oriente les investisseurs vers des actifs tangibles et préservant la valeur de leur patrimoine comme l'or.
Secundo, nous évoquerons le cas de l’Inde. En 10 ans, la demande de l'Inde en or a augmenté en moyenne de 13% par an alors que le PIB de la nation n'a augmenté que de 6% et l'inflation de 8%. L'or a une valeur psychologique très forte pour la population, il est un gage de prospérité et de sécurité et est fortement valorisé par tous les Indiens, quel que soit leur statut social. En 2009, la Banque centrale de l'Inde en a acheté 200 tonnes au FMI, ce qui a encore valorisé son image auprès de la population. Dans certaines zones du pays, l'or est même utilisé comme monnaie, et remplace la roupie. L'Inde et la Chine représentent 25% de la consommation d'or dans le monde. Leur consommation conjointe constituera le plus grand facteur de la demande d'or pendant les prochaines décennies.
Et nous terminons par l’Arabie Saoudite, plaque tournante de l'or au Moyen-Orient. L'Arabie Saoudite se présente comme l’un des plus gros consommateurs d'or au monde. Bientôt, ce pays va ouvrir la plus grande usine de traitement de l'or à Jeddah, normalement dans la seconde partie de cette année 2011. L'Arabie saoudite est le pays arabe détenant le plus d'or, et est le 16e pays détenteur d'or mondial si on les classe par réserves. Les réserves d'or du pays ont fortement crû en 2010 à 323 tonnes, contre 114,3 tonnes en 2009.
Nous nous arrêterons seulement à ces 3 facteurs très déterminants pour vous attester que nous ne sommes pas du tout en situation de bulle spéculative, mais plutôt dans un cas réel d’opportunité d’investissement. En 10 ans, les actions minières ont enregistré une performance deux fois plus élevée que celle de l'or, en progressant de +830% contre "seulement" 417%. La part historique des sociétés minières dans le marché boursier mondial s'est considérablement affaiblie ces 30 dernières années. Un phénomène de rattrapage pourrait se produire dans les années à venir.


Pendant ce temps, les Ivoiriens restent dans l’indifférence totale…


Alors que la fièvre de l’or fait ravage sous d’autres tropiques, la Côte d’Ivoire se laisse embourbée dans des débats politiques stériles à n’en point finir. Les records battus ces derniers temps par le cours mondial de l’or sont totalement passés inaperçus à Abidjan. On préfère s’acharner sur le vrai vainqueur ou le faux perdant des élections présidentielles, alors que de réelles opportunités d’investissement nous glissent sous le nez.
Nous gardons espoir que l’avènement d’un nouveau gouvernement juste après l’investiture ce mois ci, du président de la république, va redonner un souffle économique nouveau par la nécessité d’investir en Côte d’Ivoire. L’un des chantiers sur lequel il faudrait véritablement mettre l’accent est incontestablement le secteur minier.


La Côte d’Ivoire regorge d’énormes potentialités à ce niveau et il serait vraiment dommage qu’elles restent inexploitées jusqu’à cette date. Le moment est plus que jamais venu pour se rendre compte que les politiques monétaires internationales ont un impact véritable sur les produits d’exportation de nos pays africains.
Pour être plus précis dans notre analyse, nous dirons qu’il faille désormais que les opérateurs économiques ivoiriens s’intéressent d’avantage aux répercussions que les décisions monétaires des USA peuvent avoir sur leurs investissements. Il est important pour les opérateurs du secteur minier de savoir que lorsque le dollar américain commence à chuter, cela va forcement provoquer une flambée des cours de l’ensemble des matières premières et en particulier de l’or. Ces éléments sont connus de tous, mais les Ivoiriens continuent de donner l’impression qu’ils ne sont intéressés que par les questions politiques ou sportives.
De réels bouleversements géostratégiques ont lieu en permanence dans la sphère financière internationale, et c’est vraiment dommage que très peux d’Ivoiriens en profitent réellement. Mais fort heureusement, certains opérateurs exerçant en Côte d’Ivoire ne veulent pas rester en marge du train de la folie de l’or, pendant que tous les Ivoiriens se confortent dans leur doux sommeil de questions politiciennes.
La société Randgold Ressources a eu le flair de cette envolée de l’or, et exploitera en toute tranquillité pendant au moins 10 ans, la gigantesque mine de Tongon. Elle prévoit à cet effet un budget d’investissement de plus de 140 Milliards de FCFA. On n’oubliera pas aussi la Société des Mines d’Ity (SMI), entreprise détenue à plus de 40% par une filiale du groupe français AREVA. La mine d’or d’Ity, située à Zouan-Hounien, dans l’ouest montagneux ivoirien, reste toujours un vivier important pour la nation ivoirienne.
Nous n’aurons pas le temps de faire des estimations chiffrées de toutes ces faramineuses plus-values réalisées au jour le jour par ces entreprises citées plus haut, pendant que les Ivoiriens ne jugent pas opportun de s’intéresser à l’investissement dans l’or. Beaucoup d'autres pays suivent cette tendance de course contre la montre pour renforcer leurs réserves en or.


Selon les chiffres du World Gold Council publiés en mars 2011, le Kazakhstan est passé de 20 tonnes d'or en 1993 à 68,9 tonnes actuellement. L'Algérie, a atteint un pic à 173,6 tonnes, alors qu'elle n'en possédait que 14 en 1991. Quand est-il de la Côte d’Ivoire ? Apparemment cette question ne semble pas pour l’instant à l’ordre du jour. Les rares investisseurs qui ont su discerner ce mouvement haussier de l’or se réjouissent plutôt en interpellant quotidiennement leurs employés, avec cette injonction qui en dit long: « silence messieurs…on travaille sur l’or ! ».



LOH DAMAS


"La Tribune de l'Economie N°50"

Cel: +225 02 73 40 37

mardi 11 janvier 2011

BRVM: mes prévisions boursières pour 2011


Les investissements en bourse ne sont pas encore véritablement entrés dans les mœurs des Ivoiriens. La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), localisée à Abidjan, est la place boursière commune aux 8 pays membres de l’espace UEMOA. Après une année légèrement meilleure à celle de 2009 en termes de performance, il parait utile de nous interroger sur les perspectives boursières de 2011.
En effet, le marché boursier local a toujours été qualifié de moins dynamique par certains professionnels quand ceux-ci s’aventurent à le comparer aux grandes places boursières internationales. Mais il convient de reconnaitre que les autorités de cette institution financière ont réalisé d’énormes efforts depuis 1998, année de démarrage de ses activités, afin de la hisser à son stade actuel.

Un mythe à briser

Nous sommes en 2011, la Côte d’Ivoire vient donc de poser ses pieds dans une nouvelle ère. D’énormes défis au plan boursier l’y attendent et le premier d’entre eux est la vulgarisation des activités boursières. Comme nous l’évoquions plus haut, la population ivoirienne manque de façon très criarde de culture boursière. La bourse reste encore tout un mythe pour le commun des mortels. Personne ne sais de quoi est ce qu’il s’agit exactement quand on évoque le groupe de mots « bourse des valeurs ».
Certains continuent de comparer la bourse à de la loterie ou aux paris sur des chevaux de course. D’autres estiment que le marché est réservé à une certaine élite, une classe prestigieuse, des investisseurs à gros sous, des financiers de haut standing, etc. Le mythe continue à être entretenu, et c’est une minorité qui profite des avantages de la bourse au détriment de toute une population.
Nous décrivons ce pitoyable tableau d’ignorance cruciale pour signifier qu’en cette année 2011, la BRVM devra encore une fois de plus redoubler d’efforts, comme elle l’a toujours si bien fait, pour porter à la hausse le taux de culture boursière en Côte d’Ivoire . Si le pays siège de cette institution boursière ne s’intéresse à ses activités, il sera vraiment difficile de mobiliser le reste des pays de la sous région autour des activités boursières.
L’année dernière s’est tenu à Abidjan un salon sur les produits et métiers de la bourse. Etant à sa toute première édition, l’on a pu constater quelques ratés dans son organisation, mais l’initiative reste à saluer. Les organisateurs de cette manifestation ont pu proposer un programme alléchant aux visiteurs de ce salon, mais ils gagneraient à rééditer l’exploit en cette année en y apportant une touche organisationnelle un peu plus professionnelle. Ce genre de manifestation permet de mobiliser de grandes masses et de porter un peu plus facilement le message de sensibilisation pour que la population prête un peu plus attention aux produits boursiers.
La BRVM pourrait également initier un partenariat avec les autorités de la télévision publique ivoirienne, pour la conception et la diffusion d’émissions relatives au marché boursier, comme cela se fait partout ailleurs dans les pays à forte culture boursière.
Sortir les obligations et OPCVM de leur sommeil
L’autre aspect à développer en cette année 2011 est le renforcement de la promotion des titres admis sur le marché obligataire. On a longtemps pensé que le marché boursier se limitait seulement à l’achat et à la vente d’actions de sociétés inscrites à la côte. C’est vrai que c’est de loin le marché le plus dynamique, mais il est convenable de ne pas balayer du revêt de la main, le marché obligataire.
Lors de l’émission des emprunts obligataires par le trésor publique, toute la population est sensibilisée à y souscrire. Mais une fois le délai de souscription clôturé, et que le titre se retrouve sur le marché boursier des obligations, personne n’a l’information. La population ne sait pas qu’elle peut se retourner vers la BRVM pour acquérir à nouveau ces titres là.
Ceux les ayant auparavant acquis ignorent totalement qu’ils peuvent les revendre à la bourse pour encaisser rapidement de la liquidité et faire face à des charges urgentes. Cette situation d’ignorance fait que le marché obligataire reste encore très dormant à la bourse et très rares sont les mouvements qu’on arrive à identifier sur le bulletin officiel de la côte publié chaque jour. Un accent particulier devra donc être mis en cette année sur ce marché, afin qu’il soit beaucoup plus captif, surtout que la Côte d’Ivoire a une très bonne signature en matière d’émission d’emprunt obligataire et aussi cet instrument de mobilisation de l’épargne publique commence à entrer dans les habitudes des ivoiriens.
Une autre catégorie de champ d’investissement gagnerait aussi à être promue. Nous faisons allusion aux OPCVM (Organismes de Placement Collectifs en Valeurs Mobilières), qui se présentent sous forme de FCP (Fonds Communs de Placement) ou de SICAV (Société d’Investissements à Capital Variable). Qui sont des structures de mobilisation d’épargne pour un placement collectif sur le marché financier et qui sont gérés par des professionnels de la gestion de portefeuilles.
Le nombre d’OPCVM s’est accru depuis ces dernières années, mais ces organismes restent encore méconnus par une bonne frange de la population ayant le souci de rentabiliser ses avoirs. La piste de la promotion des OPCVM affiliées directement à des banques à l’intérieur même des agences, pourrait être exploitée par ceux-ci.
Voici ce qui se passera en 2011
Pour en revenir au marché des actions, les opérateurs en bourse ont eu l’occasion de se rendre compte des performances très remarquables enregistrées dans certains secteurs d’activités. Alors que l’année dernière la quasi-totalité des indices avait terminé l’année dans le rouge, nous constatons qu’en fin 2010 les nouvelles sont reluisantes pour plusieurs secteurs d’activités et les deux indices phares, à savoir le BRVM 10 et le BRVM Composite ont terminé sur une note très positive.
En termes d’anticipations pour cette nouvelle année, nous pouvons dors et déjà faire cas du secteur agricole. Nous nous attendons à la poursuite de la croissance de l’indice BRVM Agriculture qui a franchit les 100% de croissance à fin 2010. Cet indice regroupant les entreprises PALMCI, SOGB, SAPH et SICOR est fortement influencé par les cours des matières premières cotées sur le marché international.
Nous parlons précisément de l’huile de palme et du caoutchouc, qui décrivent depuis un bon moment une pente ascendante. Les conditions météorologiques déplorables dans certains grands pays producteurs et bien d’autres facteurs, ont entrainé la baisse de la production de ces matières premières agricoles, ce qui a de facto engendré la supériorité de la demande à l’offre, d’où la flambée de leur prix. De nombreux analystes anticipent la conservation de cette tendance haussière sur le premier semestre de l’année 2011.
L’élément important qu’il convient de ne pas perdre de vue à ce niveau, c’est qu’il existe une très forte corrélation entre les cours de ces matières premières agricoles et les performances boursières des entreprises membres de l’indice BRVM Agriculture. Quand les cours de l’hévéa et de l’huile de palme grimpent au plan international, la PALMCI, la SAPH et la SOGB réalisent de belles performances boursières. Et lorsque les cours des matières premières chutent, la probabilité pour que les valeurs boursières de ces titres baissent devient très forte.
L’autre secteur à ne pas négliger est assurément le secteur financier. La rude concurrence observée sur le marché bancaire ivoirien amène les banques inscrites à la côte à réaliser de belles performances depuis 2009, malgré la crise internationale qui sévit. La fraiche arrivée de BOA Burkina Faso au sein de l’indice BRVM devrait pouvoir changer les choses à ce niveau. Nous espérons que se sera dans le sens positif, car la BICICI et la SGBCI orientent déjà depuis 2 années consécutives par leurs performances, la trajectoire de cet indice.
Le secteur publique a encore vu les exploits de la grande SONATEL du Sénégal qui ne nous surprendra pas si elle se retrouve encore parmi les lauréats des éditions des palmes de la bourse qui seront organisées en cette année. La SODECI également s’est bien illustrée et donc l’indice BRVM Services Publiques peut se présenter comme une valeur jouable en 2011.
C’est bientôt la grande période des assemblées générales, moment capital pour l’analyse des états financiers des sociétés cotées et de distribution de dividendes aux actionnaires. Les dates seront très bientôt communiquées par les entreprises et la publication des états financiers dans la presse devrait débuter normalement dès ce mois de février pour les sociétés ayant pu rapidement consolider leurs tableaux financiers. Cette période sera encore un moment de forte volatilité pour la BRVM, car l’on assistera à des prises de décision d’investissement fortement influencées par les résultats financiers qui seront publiés.
C’est vrai que la Côte d’Ivoire traverse une période très trouble actuellement à cause du conflit de compétence postélectorale observé au sommet de l’Etat. Il est souhaitable que cette situation de crise passe très rapidement, afin que 2011 ne soit pas une année de regrets pour les investisseurs expérimentés qui auraient bien voulu améliorer leur portefeuille boursier et pour les novices qui aspiraient faire leurs premiers pas en bourse.

LOH DAMAS
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Les entreprises les plus performantes à la BRVM en 2010


L’année boursière 2010 s’est achevée depuis le 31 décembre dernier. Afin de permettre à tous les investisseurs d’affuter leurs stratégies d’investissements pour cette nouvelle année, il s’avère utile de recenser les sociétés ayant fait preuve de bonne performance à travers les taux de croissance annuels de leur cotation boursière.
La première place du secteur industriel est occupée par SICABLE qui a terminé 2010 avec une cotation de 23 000 FCFA, soit un taux de croissance de 32.30% en comparaison à sa valeur affichée à fin 2009. Elle est secondée par SITAB qui s’en est sortie avec 19.05% de croissance. En troisième position, nous avons FILTISAC avec ses 3 300 FCFA de valeur boursière à fin 2010 et qui encaisse ainsi une progression annuelle de 13.40%. Puis vient la lourde SOLIBRA, qui après avoir chuté de 35.13% à fin 2009, est plutôt revenue à la charge en augmentant sa valeur de 7.13% l’année dernière.
Le secteur des entreprises publiques est encore une fois de plus dominé par la sénégalaise SONATEL qui cotait 154 000 FCFA au terme de l’année 2010. Cette estimation boursière reflète donc un remarquable progrès annuel de 28.33% dont elle s’est dotée en cours d’année. Elle est talonnée par la SODECI, qui s’en tire cette fois-ci avec une performance de 12.75% avec ses 11 500 FCFA de cotation, contrairement à sa performance précédente où elle avait dégringolé de 31.82%.
Parlant du secteur financier, l’on a assisté à un véritable coude à coude entre les grandes banques françaises d’Abidjan. Mais cette « confrontation » a finalement été remportée par la SGBCI qui termine 2010 avec une estimation de 48 250 FCFA, soit une hausse annuelle de 29.70%. Sa rivale la BICICI la suit évidemment de très prêt avec ses 40 000 FCFA de valeur, d’où un taux de croissance annuel de 24.09%. Le titre le moins cher de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières(BRVM), c'est-à-dire ECOBANK, vient en troisième position avec une progression annuelle de 20.51%, grâce à sa cotation de 47 FCFA.
Bank Of Africa Côte d’Ivoire occupe le quatrième rang de ce secteur avec une augmentation de 5.02% de valeur, malgré le fait que sa première véritable cotation ait été enregistrée le Lundi 12 Avril 2010. Elle a donc terminée l’année en affichant 30 000 FCFA alors qu’elle avait débuté avec une estimation de 28 565 FCFA. Puis vient BOA Bénin, qui ferme la marche en évoluant de 4.35%.
Au niveau du secteur du transport, c’est l’entreprise BOLLORE qui a damé le pion à la SIVOM en conquérant un taux de croissance annuel de 5.37%.
Le secteur le plus rentable a sans doute été le domaine agricole, qui a enregistré de très belles performances extraordinaires au cours de l’année qui vient de s’achever. Il est piloté avec maestria par la SAPH qui brandit 152.34% d’évolution annuelle en cotant 27 000 FCFA en fin d’année dernière. Sa trajectoire a été suivie par la PALMCI qui s’en sort majestueusement avec les 96.97% de propulsion annuelle, grâce à sa cotation de 13 975 FCFA. La troisième place du secteur de l’agriculture est occupée par la SOGB qui affiche un saut de 55.56%. Notons qu’elle avait baissé de 45.68% à fin 2009.
Sur les sept sociétés que compte l’indice BRVM Distribution, seulement trois d’entre elles ont pu véritablement tirer leur épingle du jeu au cours de l’année 2010. Ce sont tout d’abord TOTAL, qui s’en sort très bien avec 8.44% de croissance annuelle, ensuite SERVAIR qui vient en seconde position avec 1.35% puis SHELL qui a cassé la barre des 1% en brandissant plutôt 1.12% comme taux de croissance.
L’évolution de ces titres montre bien que le marché de la BRVM a fait preuve d’une remarquable volatilité durant l’année 2010. L’on attend plus que la publication des montants des dividendes à verser aux actionnaires afin de déterminer les taux de rentabilité effectifs de chaque titre. 2011 semble donc très prometteur pour l’ensemble des investisseurs actifs en bourse.

LOH DAMAS
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mercredi 5 janvier 2011

Analyse boursière pour la semaine du 03 au 07 Janvier 2011


On l’avait longtemps attendu, et bien nous voici effectivement en 2011. La communauté des investisseurs en bourse commencera surement à ajuster ses stratégies d’investissement afin de conquérir les meilleurs titres qui leur permettront d’enrichir leurs avoirs placés en bourse.
2010 vient de fermer ses portes et l’on observe que ses performances ont été nettement préférables à celles réalisées en 2009. La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) a achevé son année boursière depuis le vendredi 31 décembre dernier avec de belles cotations. L’indice BRVM 10 a progressé de 0.24% et affiche 182.96 points, soit une croissance annuelle de 27.32%. Le BRVM Composite a effectué un bond de 0.30%, soit une progression hebdomadaire de 0.47 points et une croissance annuelle de 20.55%.
Toujours au niveau des performances hebdomadaires, l’on se rend compte que le BRVM Industrie a pris 0.53 points en plus, le BRVM Services publics s’est enrichi de 4.94 points, le BRVM Finances a évolué de 0.52%, le BRVM Transport a augmenté de 0.20%, le BRVM Distribution s’est envolé de 0.73%, tandis que le BRVM Agriculture a chuté de 14.30 points.
Au cours de cette dernière journée de cotation de l’année 2010, les transactions sur le marché des actions, la BRVM a validé 52 d’entres elles. Le volume transigé a été de 54 851 actions, ce qui nous permet d’obtenir une valeur totale transigée de 67 051 318 FCFA. Les échanges ont porté sur un total de 14 titres.
La deuxième entreprise burkinabée cotée à la bourse de l’UEMOA a effectivement fait son entré. En effet le Jeudi 30 Décembre dernier la Bank Of Africa Burkina Faso, a vu ses actions être introduites sur la cote. La cotation de ce nouveau titre a été différée à la hausse ce jour là. Le cours d’équilibre s’est établi à 30 000 FCFA ; ce qui a représenté une augmentation de 30.43% par rapport a son cours de référence fixé à 23 000 FCFA.
Cette semaine écoulée a vu également la revanche des titres comme NESTLE, qui a appuyé sur l’accélérateur en cette fin d’année pour marquer une forte progression de 7.5%, grâce à sa nouvelle valeur qui se chiffre à 56 625 FCFA. BERNABE aussi a pris une belle envolée de 1345 FCFA, soit un taux de croissance hebdomadaire de 7.47%.
La liste des opérateurs agréés par le Conseil Régional de l’Epargne Public et des Marchés Financiers (CREPMF) vient de s’agrandir. Monsieur Ousmane Diakhaté vient d’obtenir son agrément d’apporteur d’affaires en bourse. Il en est de même pour la société « LA Générale des Finances SA ».
Fin de parcours pour 2010, cap sur 2011 avec de nouveaux challenges boursiers. Les sociétés activent leur plan de communication financière, afin de présenter des états financiers rassurant aux actionnaires. Dans quelques semaines ce sera la saison des assemblées générales, les calculatrices vont encore crépiter, les plans comptables vont être dépoussiérés, afin de passer aux peigne fin les différents bilans et comptes de résultats qui seront soumis aux actionnaires. Avant que ce décryptage ne démarre effectivement, il nous revient l’honneur de souhaiter une très bonne année boursière 2011 à tous les passionnés de bourse.

LOH DAMAS
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jeudi 18 novembre 2010

Quantitative Easing 2 et baisse du Dollar USD: quels impacts sur le Franc CFA?


Depuis le déclanchement de la crise des subprimes jusqu’à ce jour, l’on constate que l’économie américaine demeure sous perfusion. La planche à billet tourne à plein régime, dans l’espoir de susciter de la consommation et une petite inflation qui pourra actionner le levier de la croissance économique.
L’une des dernières manœuvres orchestrées par la FED (Banque centrale des USA) a été de lancer la seconde phase du Quantitative Easing (QE2) ; entendons par là l’assouplissement quantitatif qui consistera à injecter à nouveau une importante masse de liquidité dans le système financier américain.
Le gouverneur de la FED, l’économiste Ben Bernanke budgétise à cet effet un montant minimal de 600 milliards de dollars pour le rachat de 75 milliards de dollar d’obligations souveraines par mois jusqu’à juin 2011. A peine annoncée dans la presse économique, que le dollar américain a accéléré sa tendance baissière, entrainant dans son mouvement de repli la revalorisation de plusieurs monnaies, dont l’Euro.
En menant une analyse approfondie de cette situation, l’on se rend compte que les conséquences de cette politique monétaire appliquée par le pays de l’oncle Sam vont probablement franchir les frontières américaines, traverser le continent européen pour influencer d’une certaine façon les performances des économies africaines.
Le but de cette réflexion est de faire ressortir l’impact probable que le QE2 pourrait avoir sur la monnaie utilisée en Afrique de l’Ouest, à savoir, le Franc CFA. Mais qu’est ce que réellement le Franc CFA ?
Le Franc CFA signifie : Franc de la Communauté Financière Africaine. Cette monnaie a été crée en 1945 et est utilisée dans 15 pays africains repartis comme suite :
- Le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo, formant l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).
- Le Cameroun, la République Centrafricaine, la République du Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad, formant la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC)
- L’Union des Comores
En lieu et place d’une fluctuation des taux de changes, c’est une parité fixe qui est établie entre le Franc CFA et L’Euro. Depuis 1999, date d’adoption de l’Euro, la parité qui a été fixée entre la monnaie européenne et celle de l’Afrique de l’Ouest est de 655.957.
Ainsi donc 1 Euro = 655.957 FCFA. Cette relation amène le FCFA à subir automatiquement le mouvement de l’Euro par rapport aux autres devises. Lorsque l’Euro devient cher par rapport au Dollar USD par exemple, le FCFA subi une surévaluation de facto. Quand l’Euro baisse par rapport à une autre monnaie, le FCFA imite la même tendance.
Dès l’annonce du Quantitative Easing 2 par les autorités monétaires américaines, il a été donné de constater un très fort repli du Dollar USD face à l’Euro. Même si actuellement les problèmes économiques de l’Irlande ont semé des doutes dans l’esprit de beaucoup de personnes à tel point qu’on observe une légère remontée du Dollar face à l’Euro. Malgré cette apparente remontée du Dollar USD, le consensus des analystes estime que cette énième utilisation de la planche à billet par la FED créera un environnement favorable à la baisse du Dollar USD.
Ce qu’il convient de remarquer, c’est que si le Dollar USD chute, l’Euro va grimper et sera suivi dans son mouvement par le FCFA. Le FCFA se retrouvera donc en situation de surévaluation et cela n’est pas sans conséquences économiques immédiates. Cette appréciation de la monnaie ouest-africaine par le fait du Quantitative Easing 2 américain va entrainer l’augmentation des couts de production et la perte de compétitivité des produits fabriqués localement, provoquant ainsi la réduction drastiques des marges d’exportations libellées en Dollars.
La Côte d’Ivoire, premier pays producteur du cacao verra ses recettes d’exportations liées à cette matière première agricole baisser. Le Mali avec son importante production de coton, constatera avec amertume une réduction des plus-values qu’il aurait pu encaisser par le biais de l’exportation en Dollar USD de cette fibre naturelle.
Et ce qu’il ya de plus préoccupant au niveau de la filière coton, est que la plupart de tous les intrants de cette filière sont estimés en Euro. Pour faire plus simple l’on dira que ces producteurs de coton comptabiliseront les coûts de production en FCFA (donc en Euro la monnaie forte) et vendront leurs produits en Dollar USD (la monnaie faible) : un tel environnement est très favorable à la réalisation de grosses pertes de changes.
Tous les exportateurs basés dans la zone CFA et commercialisant du café, du cacao, du coton, du caoutchouc, du pétrole ou tout autre matière première cotée en Dollar USD sur le marché international, seront probablement pénalisés par cette politique de Quantitative Easing 2.
Par contre, l’un des avantages importants que les pays de la zone FCFA pourraient tirer de cette situation de correction du Dollar USD, est la baisse des charges liées aux services de la dette multilatérale. Cette dette étant libellée en Dollar USD, une appréciation de l’Euro arrimé au FCFA, engendrera une sensible réduction de celle-ci.
Comme nous le voyons ci bien, les USA doivent prendre conscience qu’une simple manipulation de leur monnaie peut entrainer des conséquences inimaginables sur le reste de la planète y compris sur le Franc CFA utilisé comme monnaie en Afrique de l’Ouest. C’est vrai que cette partie du continent ne pèse pas vraiment gros pour l’instant dans le commerce mondial, mais ce serait une véritable négligence si certains pensent que la politique monétaire américaine n’a aucune influence sur le FCFA.
Les USA semblent avoir trouvé une parade pour une dévaluation voilée du Dollar USD dans le souci de doper leurs recettes d’exportations, les Chinois ayant compris cette astuce monétaire restent quant à eux très évasifs sur la question de la réévaluation du Yuan, l’Union Européenne reste silencieuse pour le moment en attendant que l’Euro franchisse un seuil intolérable avant de réagir, mais pendant de ce temps les recettes d’exportations des pays de la zone CFA continuent de chuter.
A qui la faute ? Le feuilleton de l’énumération des conséquences probables du Quantitative Easing 2 sur les autres devises est loin d’être terminé.

LOH DAMAS
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